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Signature de la charte égalité Filles / Garçons

Signature de la charte égalité Filles / Garçons

Publié le samedi 12 avril 2014 08:30 - Mis à jour le lundi 5 décembre 2016 12:16

En matière de formation, les stéréotypes ont la peau dure. On trouve encore peu de femmes dans certaines filières. À Machecoul, préfet de Région et recteur ont signé une convention égalité fille-garçon.

Un jour, les filles feront mécaniciennes et les garçons travailleront dans le social. Image « dégenrée » d'un futur proche ? S'il y a des évolutions, nous n'en sommes encore pas là. Au lycée professionnel Louis-Armand de Machecoul, il y a zéro fille en bac pro maintenance des équipements industriels. Et 3 % seulement en maintenance des véhicules automobiles. Seule la filière hôtellerie-restauration accueille autant de filles que de garçons, mais avec une sur-représentation des demoiselles au service et des gars à la cuisine. « Nous faisons tout pour changer les mentalités, mais les orientations des filles restent différentes de celles des garçons. Nous sommes victimes des stéréotypes », relève le proviseur Redouane Morchid.

Karine, mécanicienne, n'a jamais connu le chômage

Il accueillait hier le préfet de Région et le recteur d'académie pour la signature de la convention égalité fille-garçon dans le système éducatif 2014-2018. À cette occasion, une ancienne élève est venue témoigner de son parcours. Karine Moisdon, 32 ans, est un modèle. Car elles sont encore rares les nanas dans sa filière. Entre 1995 et 2001, c'était même la seule dans sa classe en maintenance des véhicules automobiles (aujourd'hui, elles sont deux en première). « J'ai toujours fait de la mécanique avec mon père. Je voulais faire routier, mais il fallait aller à Châteaubriant pour la formation. J'habitais à Saint-Lumine-de-Coutais, alors j'ai choisi mécanique à Machecoul. L'odeur du cambouis, de l'essence, ça me parlait ! »

Karine n'a jamais eu de souci avec les garçons de sa classe. Grâce à son franc-parler. « Je les remettais à leur place direct ! » Et à ses résultats scolaires. « Ils ne pouvaient rien me dire, j'étais première de la classe ! »

Ses seuls soucis, elle les a eus avec deux patrons. Une patronne « qui se demandait comment ça allait se passer avec les ouvriers... » Un patron « qui voulait me faire passer devant un psy et qui m'a dit que je n'arriverais jamais à soulever un moteur. Même un mec n'y arrive pas ! » Après un CAP, un BEP et une mention complémentaire électricité, Karine n'a jamais connu le chômage. Depuis 2001, elle travaille comme « vendeuse dans un magasin de pièces automobiles » à Challans.

Le proviseur en est persuadé : « Les filles réussissent mieux. Mais elles se refusent les filières scientifiques. » Le recteur William Marois confirme le paradoxe : « Les filles ont de meilleurs résultats, mais une insertion professionnelle moins favorable. »

La convention égalité fille-garçon nationale, déclinée au niveau régional, a pour lui comme objectif d'« essayer de donner à tous les jeunes les mêmes possibilités d'études ». Les établissements scolaires s'engageront à travailler sur trois axes : transmettre la culture de l'égalité, renforcer l'éducation au respect mutuel, améliorer la mixité des filières de formation. Un plan d'actions concrètes sera mis en place comme la formation de « correspondant égalité » au sein des établissements.

Lors de la signature, le préfet de Région Christian De Lavernée a fait une allusion à la manifestation organisée, hier midi, devant la préfecture par la Manif pour tous (lire ci-dessous), rassemblant 70 personnes. Pour ce collectif, cette convention « met en place l'enseignement de la théorie du genre. Nous ne voulons pas que nos enfants et petits-enfants y soient soumis. Nous sommes pour l'égalité des sexes, mais nous refusons de les confondre. L'identité de l'homme et de la femme n'est pas interchangeable. »

« On n'est pas dans le déni de la différence sexuelle, mais dans un apprentissage du respect mutuel », redit le préfet.

                                                                         Article de (Ouest France-12 avril 2014)

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